Opéra : dans les coulisses de Lucia di Lammermoor
La rédaction de Sortir Ici a pu rencontrer Simon Delétang pendant les répétitions de Lucia di Lammermoor à l’Opéra de Rennes. En exclusivité, le directeur du Théâtre de Lorient livre ses premières impressions en tant que metteur en scène d’une œuvre lyrique.
Simon Delétang à l’Opéra de Rennes ®Sortir Ici
a beau avoir mis en scène de nombreux spectacles depuis vingt ans, repris de grands classiques du théâtre comme Hamlet de Shakespeare et Le Misanthrope de Molière ou fait entrer La Mort de Danton de Georg Büchner à la Comédie-Française, Simon Delétang découvre l’intensité des répétitions d’une œuvre lyrique avec Lucia di Lammermoor. « Il faut s’imprégner de la partition en italien, tout en dirigeant les chanteurs et chanteuses en anglais, sourit le directeur du Théâtre de Lorient – Centre dramatique national. Mon expérience de metteur en scène me permet d’être détendu pendant les répétitions. C’est essentiel pour bien travailler avec des comédiens ou des chanteurs ! »
Le 5 janvier, Simon Delétang a rencontré pour le chef d’orchestre allemand Jakob Lehmann en charge de la direction musicale, les chanteuses et chanteurs en provenance d’Italie, de Cuba, de Colombie ou de France. Le 21 janvier, il aura fait la connaissance avec le Chœur de chambre Mélisme(s), avant de laisser la place le 30 janvier à Jakob Lehmann pour diriger l’Orchestre national de Bretagne. Objectif : être prêt pour la générale du 7 février à l’Opéra de Rennes avant d’enchaîner une tournée qui débutera par le Théâtre de Lorient les 3 et 5 mars. « Traditionnellement, les répétitions durent quatre semaines à l'opéra, là où le théâtre en propose généralement six et jusqu’à trois mois à la Comédie-Française », précise Simon Delétang.
Des rôles dédoublés
Pour parer aux imprévus et à une vingtaine de représentations partout en France, les rôles sont dédoublés et trois orchestres vont se succéder. « Le dédoublement nécessite de s’adresser de la même manière aux chanteurs et chanteuses qui partagent le même rôle tout en respectant leur singularité, explique le metteur en scène. J’ai aussi appris que pour des passages musicaux complexes qui nécessitent beaucoup de concentration, il ne faut pas demander aux chanteurs et chanteuses de bouger. »
La distribution a été décidée par Matthieu Rietzler, le directeur de l’Opéra de Rennes. « J’ai juste participé au choix des deux Lucia, relève Simon Delétang. Finalement, cela me rappelle un peu le fonctionnement de la Comédie-Française. »
Assisté à la scénographie d’Aliénor Durand, Simon Delétang doit également tenir compte des contraintes spatiales de chaque salle. L’amplitude de la scène peut varier entre huit mètres à l’Opéra de Rennes et douze au Théâtre de Lorient. Ce qui nécessite dans ce dernier cas d’ajouter par exemple des décors. « Sur le plan technique, il n’y a en revanche pas de problème, indique-t-il. Toutes les salles disposent d’une fosse d’orchestre avec des équipes très compétentes.”
Un final grandiose
Au niveau de la mise en scène, Simon Delétang a choisi de replacer Lucia di Lammermoor dans une esthétique de la Renaissance italienne plutôt que dans une Écosse brumeuse héritée du roman de Walter Scott dont est tiré l’opéra de Gaetano Donizetti. « L’esthétique doit être épurée pour rester au service de la musique, dit-il. Le pari est d’arriver à une œuvre bouleversante et romantique avec un final grandiose pour l’ "air de la folie" qui a rendu cet opéra si célèbre. » Hâte de découvrir le résultat les 3 et 5 mars au Théâtre de Lorient. BMO
theatredelorient.fr
Jakob Lehmann, chef de Lucia di Lammermoor © Pauline Cluzeau
