Le musée, un jeu d’enfants

Jeu de piste, ateliers découverte et autres espaces kids friendly : les musées jouent le jeu pour s'adapter aux enfants et aux familles. Une offre en plein essor qui propose une approche différente de l'art, et de son rapport à la société. Tour d'horizon au Musée départemental breton à Quimper, au Musée de Pont-Aven et au musée des Beaux-Arts La Cohue à Vannes.

Petites histoires de la mer pour le 3-6 ans au Musée départemental breton de Quimper

Modules permanents au Musée départemental breton de Quimper

Dimanche en famille au musée des beaux-arts La Cohue, à Vannes

« Au Musée départemental breton, à Quimper, on peut manipuler, toucher et découvrir grâce à des modules à disposition dans chaque salle. Un espace détente permet de se poser quelques minutes pendant la visite, de jouer, de lire, d'allaiter… « Depuis 7 ans, on s'intéresse davantage au public, enfants et familles », pointe Myriam Lesko, chargée de médiation. La structure a même reçu le trophée Coup de cœur de Mom'Art, association qui milite pour des musées accessibles aux familles avec un « accueil joyeux ». Les enfants seraient (enfin) bienvenus ? « Évidemment, c'est le postulat, répond Claire Cesbron, responsable du service des publics au Musée de Pont-Aven. Il faut encourager leur accueil pour que tout le monde se sente à l'aise ». « L'objectif est de familiariser les enfants dès le plus jeune âge : aller au musée, regarder des œuvres, il faut que cela devienne une habitude, s'amuse Séverine Bodin, médiatrice au musée des Beaux-Arts La Cohue, à Vannes. Cela permet aussi d'attirer les familles : les parents peuvent venir avec les enfants en toute tranquillité, sans contraintes. »

Tapis rouge pour les enfants

Les trois musées accueillent les enfants de tous âges, de 0-3 ans jusqu'aux adolescents, avec des propositions adaptées : un parcours à hauteur d'enfant, des ateliers accompagnés, des histoires, des livrets-jeux ou des enquêtes. « On part toujours de l'œuvre pour faire découvrir un artiste différemment », précise Séverine Bodin. Souvent ludiques, les dispositifs mêlent découverte, manipulation et création pour une lecture originale ou décalée de l'exposition. À Vannes, les 4-6 ans ont créé un bâton coloré. À Pont-Aven les enfants ont rempli leur chaudron lors de l'exposition estivale 2025 sur les sorcières. Autour de la crêpe bretonne, le musée breton fait fabriquer des bombes à graines aux 3-6 ans… Mais plus on avance en âge, moins les jeunes sont présents. « Les ados forment un public différent, qui ne vient pas spontanément. On préfère leur proposer des projets concrets comme la création d'un escape game », explique Claire Cesbron. À Vannes, les 18-20 ans ont accès à des ateliers de pratique : dessin, sculpture, modelage, « une approche technique en lien avec l'exposition en cours ».

Une nouvelle approche des musées

Si la prise en compte des publics jeunes n'est pas nouvelle, elle s'est franchement accélérée depuis 2020. Familles, scolaires, centres de loisirs sont chouchoutés. « Chaque exposition intègre le public jeune dans son cahier des charges afin de prévoir un parcours enfants ou familles », rappelle Séverine Bodin. L'enjeu est double : séduire les enfants pour qu'ils aient envie de revenir, et former de futurs citoyens à l'aise dans les lieux de culture. « Et cela fonctionne, constate Myriam Lesko, il y a un effet positif large : les dispositifs de médiation séduisent et rendent le musée plus facile à lire. » Même constat à Quimper où « les retours sont très bons : on fidélise le public, les enfants reviennent en famille, le musée paraît plus accessible ». « Ce que l'on déploie aujourd'hui pour les enfants, avec des outils de médiation ludiques, cela tend à se généraliser aux autres publics, expose Claire Cesbron. Les supports pour enfants plaisent aussi aux adultes : on offre un choix d'approches différentes du musée, selon les envies ! »

Anne-Laure Jaouën

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